a) Notice bibliographique
DELCOURT, Thierry, « Les publics », in Conduire un projet de numérisation, Charlotte Buresi, Laure Cédelle-Joubert (dir.), Paris, Villeurbanne, Lavoisier, Presses de l’ENSSIB, 2002, coll. La boîte à outils, 13, p. 15-32.
b) Auteur
Thierry Delcourt est diplômé de l’Ecole des Chartes. Il est archiviste-paléographe, docteur es lettres et conservateur général des bibliothèques. En tant que tel, il a travaillé plusieurs années au département Phonothèque de la BnF. Il dirige actuellement la bibliothèque municipale à vocation régionale de Troyes, qui a organisé la très belle exposition « Bestiaires du Moyen Âge » en partenariat avec la BnF.
c) Résumé
Cette intervention est le premier chapitre d’un guide pour les projets de numérisation édité par l’ENSSIB. Il est écrit par le directeur d’une bibliothèque très engagée dans la numérisation, qui nous fait ainsi profiter de son expérience. Bien que cette contribution concerne les différents publics des projets de numérisation des bibliothèques, l'auteur commence par répertorier les différents modes de diffusion possibles par lesquels les usagers ont accès aux ressources numériques produites par la bibliothèque : consultation sur place, diffusion à distance via un serveur web ou utilisation dans un but éditorial sur laquelle il s’appesantit un peu plus.
Puis Thierry Delcourt énumère les différents usages de ces ressources. Il est intéressant de distinguer les usages plutôt que les publics, car une même personne peut utiliser différemment les ressources numériques selon les buts qu’elle poursuit. L’auteur donne des conseils à ceux qui voudraient monter un projet de numérisation, selon l’usage qu’ils veulent obtenir.
Pour les usages savants est recommandée la numérisation par ensembles cohérents et complets, plutôt que par sélection. L'usage de l’OCR s'avère très utile, bien que coûteux en temps de travail (relecture obligatoire), car la reconnaissance de caractères permet la recherche en plein texte et limite l’indexation du contenu particulièrement complexe avec ces documents (thesaurus spécialisés). En plus de la numérisation de documents primaires, la bibliothèque peut aussi de mettre à disposition du public des outils de repérage des documents performants.
Thierry Delcourt traite différement les usages culturels selon qu’ils sont individuels ou en groupe. Pour les premiers, les ressources numériques consistent en des dossiers documentaires ou des expositions numériques qui doivent être organisées par des professionnels tout comme les expositions réelles. Les usages en groupe concernent des ateliers de découverte du patrimoine grâce à la numérisation de ces ressources ou en atelier de création multimédia.
Quant aux usages pédagogiques, ils sont organisés dans le cadre des Contrats éducatifs locaux auxquels participent souvent les bibliothèques. L’auteur précise que les projets nécessitent une étroite collaboration entre l’enseignant et le personnel de la bibliothèque, la numérisation pouvant même se faire suivant les projets et les demandes des enseignants.
Enfin, Thierry Delcourt aborde les usages touristiques, présents seulement dans les plus grandes bibliothèques, pour une exposition particulièrement importante, ou lors d’un partenariat avec un autre établissement comme un musée. Dans cette démarche, la numérisation peut se manifester dans deux types de produits : des bornes interactives qui complètent la présentation statique des objets, et des catalogues numériques d’exposition, qui peuvent s’avérer moins coûteux qu’un catalogue papier, s’ils sont simples.
d) Critique
Les informations données par cet article ne sont pas forcément très nouvelles par rapport aux formations dispensées actuellement sur le document numérique. Mais il est le témoin de l’évolution des réflexions professionnelles autour de la numérisation et marque le retour de l’attention sur l’usager et le besoin d’une évaluation critique des réalisations. Il est d’ailleurs contemporain du projet BibUsages, enquête sur les usages de Gallica. Cet exposé a également le mérite de distinguer clairement des catégories d’usages, bien que j’ai du mal à percevoir la différence entre les usages culturels et touristiques. Par contre, les informations sont plutôt succinctes, à cause de la taille de l’article et parce qu’il s’agit d’un guide pratique et non une étude exhaustive des usages des ressources numériques en bibliothèque, ce qui fait encore défaut.